Portage salarial et chômage : conditions, calcul des droits et cumul avec l’ARE
Dernière mise à jour le 31/01/2026
- Qu’est-ce que le portage salarial ?
- Quelles sont les conditions d’accès aux ARE ?
- Est-il possible de cumuler le portage salarial avec les allocations chômage ?
- Comment fonctionne le CDI en portage salarial ?
- Peut-on cumuler salaire en portage salarial et chômage ?
- Comment percevoir ses allocations chômage quand on est consultant en portage salarial ?
- Comment calculer le montant de l’allocation chômage en portage salarial ?
- Quelle est la durée d’indemnisation en portage salarial ?
- Dans quels cas le chômage peut-il être refusé ?
- Portage salarial ou auto-entrepreneur : quelles différences pour le chômage ?
- Cas particuliers : expatriés, frontaliers et missions à l’étranger
- FAQ
Le portage salarial séduit de plus en plus de professionnels souhaitant conjuguer autonomie et sécurité sociale. Mais une question revient fréquemment : le portage salarial ouvre-t-il droit au chômage ? Quelles sont les conditions d’indemnisation, comment fonctionne le cumul entre salaire et allocation chômage, et dans quels cas peut-on perdre ses droits ?
? Les points essentiels à retenir :
- Le portage salarial et le chômage sont parfaitement compatibles ;
- Grâce à son statut de salarié, le professionnel porté bénéficie d’une protection sociale complète, incluant l’assurance chômage ;
- Pour sécuriser votre situation, il est essentiel d’être bien accompagné et de respecter scrupuleusement les règles applicables.
Qu’est-ce que le portage salarial ?
Le portage salarial est une forme d’emploi hybride qui permet à un professionnel autonome (le salarié porté) d’exercer une activité indépendante tout en bénéficiant du statut de salarié.
Concrètement, trois acteurs interviennent :
- Le salarié porté, qui réalise les missions ;
- L’entreprise cliente, pour laquelle la mission est effectuée ;
- La société de portage salarial, qui embauche le salarié porté en CDI ou en CDD et facture les prestations.
Grâce à ce statut, le salarié porté cotise aux régimes de protection sociale classiques : assurance maladie, retraite, prévoyance… et assurance chômage.
Quelles sont les conditions d’accès aux ARE ?
Pour pouvoir accéder aux ARE, le porteur de projet doit rester inscrit comme demandeur d’emploi à France Travail en lançant son activité en portage salarial. Entre chaque mission, il peut aussi percevoir des droits pour combler sa perte de revenus. Rappelons qu’il faut avoir travaillé également 88 jours au minimum pendant les 28 derniers mois.
Est-il possible de cumuler indemnités ARE et salaire ?
Le portage salarial apporte une certaine sécurité au travailleur porté. En effet, il permet de percevoir un revenu à la fois constant et stable. De plus, il lui donne tous les mois la possibilité de bénéficier de toutes ses allocations en l’absence d’encaissement.
Jusqu’à une certaine limite, le salarié porté pourra cumuler ses allocations et ses revenus. En conservant son statut de demandeur d’emploi, il continuera à profiter de :
- Prix préférentiels pour une activité nocturne ;
- Tarifs réduits dans les divers moyens de transport.
Quelle est la durée maximale du cumul de l’aide avec un salaire ?
En principe, la durée du cumul doit être proportionnelle à celle des droits précédemment acquis par le consultant. Plus ce dernier a travaillé, plus l’indemnisation durera alors longtemps. Par ailleurs, une durée minimale (4 mois) et maximale (24 mois) existe. Rappelons que l’indemnisation maximale est de 36 mois pour les salariés âgés de moins de 53 ans.
Il est bon de noter que le cumul reste possible jusqu’à épuisement des droits d’allocation. Le nouveau contrat de travail donne au salarié porté la possibilité de les recharger. En effet, il permet l’acquisition de droits à de nouvelles aides quand les allocations auront été complètement consommées.
Aussi, il est envisageable de cumuler l’ARE et les revenus professionnels aussi longtemps que le consultant n’a pas épuisé ses droits acquis au titre du chômage. Il aura le choix de cumuler un nouveau salaire avec l’allocation, car ce dernier ne dépasse pas son salaire de référence.
Est-il possible de cumuler le portage salarial avec les allocations chômage ?
Oui, le portage salarial ouvre droit au chômage, à condition de remplir les critères fixés par France Travail (ex-Pôle emploi).
Un salarié en portage salarial cotise-t-il au chômage ?
Le salarié porté étant juridiquement un salarié, il cotise à l’assurance chômage au même titre qu’un salarié classique. En cas de perte involontaire d’activité, il peut donc percevoir l’Allocation de retour à l’emploi (ARE).
Les conditions pour bénéficier du chômage en portage salarial
Pour percevoir des allocations chômage après ou pendant une activité en portage salarial, il faut :
- Avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures au cours des 24 derniers mois (36 mois pour les personnes de 53 ans et plus) ;
- Avoir perdu son emploi de manière involontaire (fin de CDD, rupture conventionnelle, licenciement) ;
- Être inscrit comme demandeur d’emploi auprès de France Travail ;
- Être apte physiquement à travailler ;
- Résider en France.
Comment fonctionne le CDI en portage salarial ?
De nombreux salariés portés sont liés à leur société de portage par un CDI. Dans ce cas, l’ouverture des droits au chômage dépend de la situation contractuelle.
- Absence de mission sans rupture du contrat : aucun droit au chômage, car le contrat est toujours en cours.
- Rupture conventionnelle ou licenciement : ouverture possible des droits à l’ARE.
Peut-on cumuler salaire en portage salarial et chômage ?
Oui. Il est tout à fait possible de cumuler une activité en portage salarial avec des allocations chômage, sous certaines conditions.
Ce cumul est fréquent chez les consultants ou freelances qui démarrent progressivement leur activité.
France Travail autorise le cumul tant que :
- Le total allocation chômage + salaire brut ne dépasse pas l’ancien salaire de référence ;
- Le bénéficiaire reste inscrit comme demandeur d’emploi.
L’objectif est d’encourager la reprise d’activité sans pénaliser financièrement le salarié.
Comment percevoir ses allocations chômage quand on est consultant en portage salarial ?
Quand on est consultant en portage salarial, on bénéficie du statut de salarié, tout en restant autonome. Pour percevoir les allocations chômage, il est nécessaire d’en faire la demande auprès de France Travail, soit :
- Après la rupture d’un CDI (démission légitime ou licenciement ) ;
- À la fin d’un CDD.
Pour commencer à bénéficier des allocations chômage, il faudra présenter également une attestation employeur justifiant le changement de la situation du travailleur porté. Il convient de rappeler qu’il sera nécessaire aussi de s’inscrire comme demandeur d’emploi à France Travail.
Étape 1 : Conclure un contrat de travail avec la société de portage
Le travailleur porté doit disposer d’un contrat de travail (CDI ou CDD) conclu avec la société de portage salarial. C’est l’une des conditions qu’il sera tenu de remplir pour percevoir ses allocations chômage.
Étape 2 : Respecter le nombre minimal de jours de travail
En plus de la signature du contrat de travail, le salarié porté devra respecter le nombre de jours de travail pour pouvoir bénéficier :
- Du versement de l’Aide au retour à l’emploi ;
- Des droits au chômage.
Pour percevoir les aides, rappelons qu’il sera tenu ainsi de respecter :
- 88 jours de travail (4 mois cumulés) ;
- 610 h au cours des 28 mois, à partir de la rupture de contrat ou la fin de la mission.
Il convient de noter que ce temps de travail peut être cumulé avec un ou plusieurs contrats de portage salarial, même s’ils ont été conclus avec différents employeurs. Toutes les périodes de travail seront prises en considération, sauf celles qui ont déjà servi à une indemnisation chômage.
Étape 3 : Avoir un statut Urssaf à jour
Outre la conclusion du contrat avec la société de portage salarial et le respect du nombre de jours de travail, le versement régulier de cotisations patronales et sociales auprès de l’Urssaf compte également parmi les conditions à remplir pour percevoir les allocations chômage.
Tous les mois, l’entreprise de portage s’en charge avant de payer le salaire du consultant pour que le statut Urssaf soit à jour. Quelle que soit l’activité exercée, elle se doit de déclarer également tout nouveau salarié porté en effectuant une déclaration unique d’embauche.
Comment calculer le montant de l’allocation chômage en portage salarial ?
Le calcul de l’ARE repose sur le Salaire Journalier de Référence (SJR), déterminé à partir des rémunérations brutes perçues.
Méthode de calcul de l’ARE
France Travail compare deux formules et retient la plus avantageuse :
- 57 % du SJR, ou
- 40,4 % du SJR + 11,84 € par jour (montant 2024).
Des planchers et plafonds s’appliquent pour garantir un minimum et un maximum d’indemnisation.
Simulation de calcul du cumul chômage et portage salarial
- Allocation mensuelle ARE : 1 500 €
- Salaire brut en portage salarial sur le mois : 1 000 €
France Travail applique une règle de déduction partielle. Une partie de l’allocation est conservée, l’autre est reportée.
? Résultat : Le salarié porté perçoit un revenu global supérieur à l’ARE seule, tout en prolongeant la durée de ses droits.
Quelle est la durée d’indemnisation en portage salarial ?
La durée d’indemnisation dépend de l’âge et de la durée d’activité antérieure.
| Âge du demandeur | Durée maximale d’indemnisation |
|---|---|
| Moins de 53 ans | 24 mois |
| 53 à 54 ans | 30 mois |
| 55 ans et plus | 36 mois |
Les périodes travaillées en portage salarial rechargent les droits.
Dans quels cas le chômage peut-il être refusé ?
L’octroi de l’indemnisation de chômage au consultant n’est pas automatique. Dans certaines situations, elle peut alors être refusée. C’est par exemple le cas lorsque la relation de subordination avec l’entreprise de portage salarial n’est pas réelle.
Dans le cas d’un lien de subordination fictif avec l’entreprise de portage salarial
Pour ne pas perdre entièrement ou partiellement ses droits, le travailleur porté peut attester du lien de subordination entre les deux parties en faisant parvenir les comptes rendus des missions qu’il a accomplies auprès de la société de portage salarial.
France Travail lui retirera également ses droits s’il ne bénéficie plus du statut de salarié au moment où elle se retrouve sans emploi. C’est le cas pour le travailleur non salarié . Aussi, pour continuer à percevoir les allocations chômage, il convient de s’assurer que les exigences réglementaires et légales sont bien remplies.
Avant de conclure un contrat de travail avec une société de portage salarial, il est ainsi important de s’informer sur la possibilité de cumuler les indemnités de chômage avec ses revenus professionnels. Le salarié porté devra aussi se conformer aux modalités prévues dans le document tout au long de la collaboration. Il sera tenu de respecter également celles qui sont énoncées dans la convention de portage.
Les autres cas de refus d’indemnistation
Certaines situations peuvent entraîner un refus d’indemnisation :
- Démission non légitime ;
- Activité assimilée à du travail indépendant déguisé ;
- Défaut d’attestation employeur fournie par la société de portage.
Portage salarial ou auto-entrepreneur : quelles différences pour le chômage ?
Contrairement au salarié porté, l’auto-entrepreneur ne cotise pas à l’assurance chômage.
| Statut | Droit au chômage |
|---|---|
| Portage salarial | ✅ Oui |
| Auto-entrepreneur | ❌ Non |
Le portage salarial offre ainsi une sécurité financière nettement supérieure.
Cas particuliers : expatriés, frontaliers et missions à l’étranger
Les salariés portés travaillant à l’international peuvent, sous conditions, bénéficier du chômage français.
Les règles varient selon :
- Le pays d’exercice ;
- L’existence de conventions bilatérales ;
- Le maintien des cotisations en France.
Un accompagnement juridique est fortement recommandé.
FAQ
Est-il intéressant d’opter pour le portage salarial ?
Le recours à cette forme de travail doit rester une décision calculée et éclairée. Elle présente autant d’avantages que d’inconvénients. Elle coûte cher, mais permet de profiter d’une certaine sécurité. En effet, elle donne à l’intéressé la possibilité de bénéficier des mêmes droits qu’un salarié. De la même manière que ce dernier, il pourra prétendre par exemple à une allocation chômage.
Quels sont les principaux avantages du dispositif ?
Le statut de salarié constitue le principal avantage du portage salarial. Il permet au consultant de bénéficier d’une couverture sociale complète comprenant :
- La prévoyance ;
- L’assurance chômage ;
- La sécurité sociale ;
- La retraite.
D’autre part, le système valorise particulièrement l’expérience des salariés portés. Il convient de rappeler qu’il leur permet également d’intégrer la dynamique d’un réseau d’experts dans leur domaine.
Que risque-t-on en rejoignant une société de portage salarial ?
De la même manière que toute entreprise, il peut arriver qu’une société de portage rencontre des difficultés financières et qu’elle fasse l’objet d’une procédure judiciaire. Elle n’est pas à l’abri d’un risque de faillite. Rappelons toutefois que les salariés portés touchent des allocations chômage lorsqu’ils sont privés involontairement de leur travail.
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